Argent et concurrence : Le point sur ce qui vous empêche de réussir

Argent et concurrence pour les illustrateurs

epsos sur Flickr

Dans cet article, je tenterai de faire voler en éclats quelques tabous que les artistes portent comme un poids inutile (le mythe de l’artiste pauvre et incompris).

Les pieds dans le plat

Je trouve personnellement que notre profession n’avance pas à cause d’un tabou persistant autour de l’argent.

Je trouve inconcevable que les choses évoluent si peu.

Entre ceux qui veulent travailler gratuitement parce que c’est leur rêve et les éditeurs qui utilisent cela avec délice, je pense que les artistes perdent plus de temps à démarcher et à essayer de convaincre qu’ils peuvent faire « mieux que les autres, mais moins cher » qu’à créer.

Alors hop, quelques tabous que je balance par la fenêtre.

  • La concurrence et la rémunérationAh, il ne faut pas parler de concurrence entre artistes.
    Pourtant, elle est réelle. 

    Personnellement, j’adore la compétition (Je vous vois grimacer).

    J’aime penser que le monde est un vaste terrain de compétition, dans lequel je ne suis qu’un challenger qui s’extasie devant le travail de ses concurrents et qui travaille de son mieux pour se faire une petite place, quelque part. Au public de choisir, ensuite.

    La concurrence, la compétition, je ne comprends pas que ces mots soient toujours compris dans leur plus mauvais sens. Je veux m’inspirer de ceux que j’admire, trouver ma voie, et avancer le plus loin possible.
    Je veux aussi que cette évolution me permette, à force de travail, de prétendre à une meilleure rémunération : une rémunération qui soit le reflet direct de mon investissement et de la qualité de mon travail.

    Que vous le vouliez ou non, vous jouez le jeu de la concurrence :

    • vous faites évoluer la qualité de vos services
    • vous démarchez
    • vous augmentez la liste de vos clients
    • vous investissez

    Si c’est pour ensuite fermer les portes à toute rémunération (cadenassée par ces tabous, l’argent en particulier) je trouve l’initiative peu cohérente.
    En tant qu’artistes, sur un marché, vous avez simplement deux alternatives :

    • vous aimez ce que vous faites mais vous ne considérez pas la rémunération comme une notion prioritaire : très bien, vous être alors amateur et n’avez pas le droit ensuite de critiquer les tarifs et le manque de reconnaissance.La situation que nous connaissons actuellement est le résultat de la présence d’amateurs et de professionnels sur le même marché, et le manque de distinction entre les uns et les autres de la part des éditeurs.De plus grandes différences de tarifs pourraient être une manière de permettre aux amateurs et aux professionnels de coexister sur ce secteur.En l’état actuel, cette situation a simplement pour conséquence de tirer les tarifs vers le bas.Qui en profite? (Réponse simple : tout le monde sauf vous).
    • vous envisagez votre activité comme une entreprise : si vous vous laissez enfermer derrière ce tabou autour de l’argent, vous prenez de gros risques quant à la pérennité de votre activité.Une entreprise gérée ainsi est contrainte à mettre la clef sous la porte rapidement.

    Je pense donc qu’il est nécessaire pour un artiste de réintégrer la notion de rémunération (financière, ou avantages) comme une composante essentielle de sa profession.
    [Vous noterez que cela est une évidence pour toute autre profession]

    Le problème

    Tout le monde fait la course aux compétences, les amateurs concurrencent les professionels, mais personne ne valorise efficacement ces compétences.

    Résultat : le travail d’un artiste n’est reconnu par personne.

    Pas financièrement, en tous cas.

    Faites-moi plaisir, arrêtez enfin de vous cacher derrière des tabous qui n’ont aucune raison d’être :

    l’argent n’est pas un vice, c’est l’utilisation que vous en faites qui peut l’être.

    La compétition, la concurrence, ne sont pas des notions négatives. Seul le contexte et la manière de l’envisager peuvent l’être.

    Développez des compétences, valorisez-les et monnayez-les. C’est simplement essentiel pour revaloriser le travail que vous effectuez chaque jour, et contribuer à la bonne santé de toute une profession.

    • La beauté de l’Art
      La beauté de l’Art, les rêves des uns et des autres, etc…La beauté de l’Art et le respect de nos principes et passions ne doivent jamais être opposés au désir de chacun d’augmenter ses revenus. 

      Le simple fait de l’envisager ainsi fait reculer les conditions de travail de notre profession.
      Je trouve incroyable que les premières personnes à jeter la pierre aux artistes qui parlent d’argent sont souvent artistes eux-mêmes.

      Souvent même ceux qui se plaignent des tarifs de la profession. Je reste persuadé d’une chose : plus mes confrères gagneront d’argent en pratiquant la même profession que la mienne, plus j’aurai de facilité à le faire à mon tour.

      Au niveau conséquences, ça pourrait par exemple me permettre de travailler sur certains projets plus longtemps, et de proposer des albums encore plus mûrs, réfléchis, travaillés.
      Plus vous serez payés, meilleurs seront les albums que liront vos enfants. Si l’augmentation est perçue comme une gratification dans toute profession, pourquoi chez nous ne faut-il surtout pas gagner d’argent sous peine d’être taxé de matérialisme?

      Travailler plus, investir plus, fournir du travail de qualité toujours meilleure pour…. gagner moins?

      Où est la logique? Qui récupère la valeur ajoutée de vos services?

      Je n’ai aucun tabou concernant l’argent : si j’en gagne plus tout en étant en accord avec mes principes, je pourrai aider mes proches de manière plus efficace.

      Je suis POUR la négociation, POUR la valorisation, POUR la compétition.

      Surtout qu’en tant qu’artistes il y a du travail pour tout le monde [Lien important].

      Si la passion qui anime un artiste est importante, la satisfaction de subvenir à ses besoins grâce à son travail est primordiale.

      J’espère que je vous aurai convaincus de la nécessité de jeter le tabou de l’argent par la fenêtre.

    A bientôt!

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