Un portfolio efficace1. Comment bien défendre son projet?

Comment bien défendre son projet?
Photo par kk+

J’ai choisi d’aborder le sujet du portfolio/book par une réflexion autour de la création de livres pour enfants car c’est un sujet dont je pense connaître les différentes facettes, mais je pense que cela peut s’appliquer à tout type de discipline. Le book étant un aboutissement de tout un tas de choix, que ce soit au niveau du travail présenté et du support choisi pour le mettre en valeur, je voulais revenir sur ce qui pouvait pousser un artiste à créer, à mettre en valeur, et à présenter son travail à des professionnels.


Réflexion

Imaginez-vous sur une chaise face à un éditeur qui consulterait votre book, et posez-vous ces questions :

« Pourquoi suis-je là ? Quel est le chemin qui m’a poussé à venir présenter mon travail ? Est-ce-que cette étape va me mener vers une forme d’accomplissement ? »

On en revient un peu aux principes abordés dans un article précédent : avant de convaincre qui que ce soit de la qualité de ce que l’on propose, on doit déjà connaître nos propres objectifs, définir les moyens à notre disposition, nos atouts, les points à valoriser.

Définissez vos objectifs, et obtenez ce que vous désirez

Négociez

Pour moi, présenter un book se passe comme une négociation.
Il s’agit d’amener votre interlocuteur à apprécier votre travail.

  • selon la manière dont vous le mettez en valeur
  • dans le cadre de conditions qui vous conviennent.

Je sais que je ne parle pas là « d’échange », d’intérêts communs, et que ça peut paraître étrange aux yeux de certains. Alors je m’explique :

Je conçois qu’une relation fructueuse et enrichissante puisse naître d’une collaboration professionnelle et que l’avis et le professionnalisme d’un éditeur permettent, éventuellement, à l’artiste d’avancer sur son chemin et de s’ouvrir à de nouvelles orientations.
Les avantages sont, en effet :

  • acquérir plus de professionnalisme
  • développer son réseau de connaissances
  • envisager son travail différemment.

Vos convictions

Pourtant, avec le temps je me rends compte d’une chose : je sais déjà ce que je veux. Je n’ai pas vraiment envie de m’éloigner de ce qui m’anime, et il est rare de trouver des personnes avec qui vous pourrez travailler de manière épanouissante.

J’ai travaillé avec peu d’éditeurs parce que c’est ainsi : je suis heureux même lorsque mes projets ne sont pas édités, la publication n’est pas une réalisation en soi, et il n’y a aucun intérêt (à mes yeux) à travailler sur un projet qui ne vous ressemble pas/plus.
Donc, voilà pourquoi j’envisage toute rencontre professionnelle (présentation d’un book, visite de votre site en ligne par un éditeur, rendez-vous direct,

  • j’ai une idée précise de ce que je veux, de ce que je ne veux pas
  • je dois convaincre mon interlocuteur que mon projet ne peut pas être envisagé différemment
  • que ce projet a un fort potentiel créatif
  • qu’il peut être développé (si c’est mon envie)
  • que les conditions dans lesquelles je veux le créer et le défendre sont aussi dans l’intérêt de l’éditeur mais surtout du projet lui-même.

VOTRE projet

VOTRE projet?
Photo par Malcolm Tredinnick

J’insiste sur une chose : si vous êtes auteur/illustrateur et que vous avez un projet, présentez-vous en tant que porteur de projet.
Si votre projet vous tient à cœur, ne laissez personne intervenir dessus et le modifier même si c’est « pour son bien ».

  • Ne vous laissez pas convaincre que votre projet devient ainsi « le fruit d’une collaboration »
  • Veillez à toujours être certain que l’éditeur considère que vous êtes à l’origine du projet
  • Ne devenez pas exécutant de votre propre idée.

C’est votre projet, et c’est à vous de penser que tel éditeur sera compétent pour le mettre en valeur.

Je suis assez radical là-dessus, beaucoup ne seront pas d’accord notamment sur le rôle de l’éditeur et sa capacité à contribuer à la qualité du projet.
Je peux le comprendre, mais ce n’est plus ainsi que je le conçois désormais.
Vous devez utiliser votre énergie pour défendre votre projet tel qu’il vous plait, et non pour essayer de l’adapter aux besoins des uns ou des autres. Il y a de la place pour tout le monde, et votre projet a autant de valeur que celui d’un autre.

Il est toutefois important d’avoir assez d’ouverture d’esprit lors de la création de votre projet pour être convaincu, avec le maximum d’objectivité possible, de la qualité réelle de ce que vous proposez.
L’artiste s’enferme toujours dans un tas de concessions qu’il s’impose à lui-même, libérez votre esprit et ne vous imposez pas de limites avant même que les autres ne le fassent. Ils le feront de toute manière, et ce bien assez tôt.

Des ambitions démesurées et une liberté retrouvée

Chers amis, artistes, arrêtons de nous poser en tant qu’exécutants.
Avant même d’avoir présenté quoi que ce soit, nous partons déjà avec la conviction que nous devrons faire énormément de concessions, que c’est ainsi, et qu’ »on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie« .
Personnellement, je vous encourage à monopoliser toute votre énergie pour défendre vos idées, vos projets, et ainsi « faire ce que vous voulez dans la vie« .

Ayez la prétention de soutenir des ambitions folles, ne les limitez qu’à l’extraordinaire.
Arrêtez d’être raisonnables : vous payez assez cher cette liberté que vous recherchez.
Revenus réduits, manque de considération, etc…
Vous avez déjà ces poids d’un côté, alors donnez de l’ampleur à vos ambitions de l’autre. C’est la moindre des choses !
En tous cas, je vous le conseille fortement.

De toutes manières, les concessions donnent de l’espoir dans un premier temps mais elles ne mènent à rien.

Accomplissement, estime de soi : « Mais je ne serai peut-être jamais édité ?…« 

Accomplisement, estime de soi
Photo par nick kulas

J’ai une conviction profonde : il est nécessaire de trouver un épanouissement en dehors du cadre de la publication. Pour moi, une illustration terminée est une réalisation. La création d’un album aussi. Mais la publication n’est pas une réalisation à mes yeux : elle n’est qu’une évolution intéressante. Cela signifie qu’elle doit contribuer réellement à mon projet et dans la même orientation qui lui a été donnée depuis l’origine de sa création.

Je suis persuadé qu’il s’agit d’un point très subtil, mais qui pourrait paraître anodin :

pour avoir une influence importante sur son propre moral et la manière dont il se perçoit, un artiste doit déplacer son « point d’accomplissement » le plus en amont possible de son processus de création.

Cela doit être bien sûr équilibré par un niveau d’exigence élevé face à ses propres compétences, ambitions, et la qualité générale du travail fourni.
Mais il est évident qu’il s’agit d’un aspect essentiel pour :

  • Développer une plus grande confiance en soi
  • Défendre ses projets avec plus d’assurance
  • Présenter à ses interlocuteurs une identité affirmée

Cette attitude a de bons côtés

  • On vous identifie facilement : les personnes que vous rencontrez comprennent immédiatement qui vous êtes, ce qui vous anime, les ojectifs vers lesquels vous tendez
  • Vous gagnez en estime : les gens respectés le sont souvent parce qu’ils ont des convictions. Elles doivent être construites, mûries avec réflexion, mais défendues avec passion, courage, et justesse.
  • Vous devenez « suffisant » : cela signifie (au-delà du sens péjoratif qu’on attribue à l’expression) que le bonheur et l’accomplissement que vous recherchez ne sont en rien liés aux éléments extérieurs. Ainsi, par votre travail et votre manière d’envisager la vie, vous devenez capable d’atteindre un certain bonheur et ce en totale indépendance.

    Si vous transposez cela dans le monde de l’édition, vous pouvez traduire ainsi : « j’ai un projet qui me tient à cœur. Le fait de l’avoir développé m’a permis d’évoluer, de faire des recherches, d’affirmer des choix narratifs et graphiques. J’aimerais voir ce projet diffusé autour de moi, et je pense qu’un éditeur me permettrait de bénéficier d’une certaine visibilité.

    Je vais choisir un éditeur qui va me permettre d’atteindre cet objectif, si je le trouve tant mieux sinon je trouverai une autre solution. (Il existe d’autres solutions pour gagner sa vie avec des compétences artistiques, je crois même que faire des livres est la moins rémunératrice, et de loin.) Mais je ne modifierai pas ce projet car l’important est que ce que j’exprime soit toujours en cohérence avec le support choisi. »

Générateur de bonheur

En devenant suffisant on ne court pas après le bonheur (« pourquoi les éditeurs ne me répondent-ils pas… j’ai besoin de savoir si ce que je fais est bien ou pas… j’aimerais tellement être édité, qu’on prête attention à ce que je fais…« ) mais on l’anticipe : on le crée, on le digère, on l’injecte dans notre quotidien, et on cherche des manières de le faire grandir pour ses proches dans un premier temps, et pour le plus grand nombre par la suite.

Commentaire

Voici donc ces quelques réflexions autour de la manière dont un artiste peut se positionner par rapport à ses projets, afin de les défendre de la meilleure des façons : avec conviction,
passion, et persévérance.

C’était le premier article d’une série intitulée « Un portfolio efficace », le prochain article concernera la manière dont vous devez vous positionner face aux clichés qui circulent dans votre profession. Toujours dans le but d’affirmer votre identité et de clarifier encore vos objectifs et convictions.

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Atteindre ses objectifs, Construire sa réussite, Edition, Epanouissement, Etre artiste Posté le 8 mai 2008 par Ange

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22 commentaires pour “Un portfolio efficace1. Comment bien défendre son projet?”

  1. c’est vraiment rigolo :)

    je trouve que cette manière de présenter les choses implique d’abord un « bien-être » personnel, pour pouvoir concrétiser les projets d’une manière vraiment satisfaisante ^^

    Je trouve ça « rigolo », car j’en suis à bosser sur cet aspect-là des choses. Sur moi-même…

  2. A la lecture de ces conseils, je suis d’accord sur le fond…mais je crains que cette façon d’agir ne braque les éditeurs.

    Il faut savoir « mettre un peu d’eau dans son vin » dans toute négociation commerciale et c’en est une…même si elle se cache derrière l’ART !

    Trop de rigidité aboutit souvent à un rejet de la part de son interlocuteur.

    Un éditeur n’est pas un simple « excécutant » de ton projet et n’aime pas être confondu avec un simple imprimeur.
    Il a une ligne éditoriale à respecter, une unité de collection à défendre.

    Si tu ne négocies pas avec plus de souplesse en « gagnant-gagnant »,
    tu cours à l’échec.

    Mais tu vas me répondre qu’être édité n’est pas l’essentiel dans la vie.

    Alors pourquoi se poser la question d’un « port folio efficace » ?
    Efficace à quoi ?

  3. J’ai apprécié la lecture de cet article, car il va dans le sens de mes aspirations. Le bonheur n’est pas d’être édité, c’est d’être en accord avec ce qui est édité.

    Merci Ange !

  4. Marie > Même si je soutiens que cette activité est un métier, elle est tellement particulière et semée d’embûches qu’il faut vraiment que la finalité soit gratifiante et participe grandement à mon épanouissement personnel. C’est pourquoi les notions de bien-être et d’accomplissement sont si souvent évoquées ici.
    J’espère que les articles t’aident sur ta voie :)

    Pierrick > Tes remarques sont justifiées, mais mon article répond déjà à certaines d’entre elles.
    Il y a moins de risques de braquer un éditeur si l’on choisit déjà avec qui l’on veut travailler. Ensuite, s’il m’est nécessaire de « mettre de l’eau dans mon vin » cela signifie que mon projet ne convient pas tel qu’il est. Je n’ai donc qu’à aller voir quelqu’un d’autre. Tout peut se passer avec courtoisie et sourires.
    Et s’il m’est difficile de convaincre un éditeur avec qui j’ai vraiment envie de travailler, je peux faire usage de la plus grande des diplomaties pour l’amener à reconsidérer sa position.

    « Un éditeur n’est pas un simple “excécutant” de ton projet et n’aime pas être confondu avec un simple imprimeur. »
    Encore une fois il me semble avoir expliqué cela dans mon article. Un éditeur n’est pas qu’un simple exécutant, et nous ne le sommes pas non plus. Pourtant nous sommes considérés en tant que tels.
    Pourquoi imposer nos conditions est-il perçu comme une forme de prétention ou d’arrogance?

    Les éditeurs le font chaque jour « vous ne correspondez pas à notre ligne éditoriale« . Il peut en être de même du côté de l’artiste sans que cela ne pose problème.
    L’artiste a le droit de choisir dans quelles conditions il veut travailler, comme le font les éditeurs, et c’est juste du bon sens.
    Ca n’empêche pas de se respecter les uns les autres.

    Je ne réduis pas le rôle de l’éditeur, mais j’en viens au constat que pour être épanoui dans ce métier il faut au plus tôt travailler avec des personnes qui sont dès le départ d’accord avec la majorité des choix narratifs et graphiques que l’artiste a déjà faits.
    Ce n’est que mon avis, et il est présenté tel quel dans l’article.

    Si tu ne négocies pas avec plus de souplesse en “gagnant-gagnant”, tu cours à l’échec.
    Non, c’est l’échec pour l’éditeur qui n’aura pas pu récupérer ses 50/65% sur la vente de mes ouvrages et un succès pour moi qui n’ai pas été à l’encontre de mes convictions par appât d’une publication.
    En étant un peu moins ironique, à partir du moment où je suis convaincu de la qualité de mon projet et que les conditions que je propose ne me semblent pas abusives, j’estime que le grand gagnant de l’histoire ne peut être que l’éditeur.
    Si un projet plait à un éditeur mais que les conditions ne lui plaisent pas, c’est juste qu’elles ne sont pas assez à son avantage.
    Gagnant/gagnant ce n’est pas possible. Il y a GAGNANT et « auteur rémunéré par la satisfaction d’avoir son livre sur son étagère ».
    Notre tâche est juste de rééquilibrer la balance tant qu’on peut, mais il ne faut pas faire croire aux artistes qu’ils sont trop exigeants/prétentieux/rigides, car vu l’état des choses cette remarque est juste inadaptée.

    Tes remarques s’appliquent à quelqu’un qui veut être édité à tout prix. Les miennes concernent ceux qui cherchent un épanouissement avant tout.
    Toute position est intéressante, cela dépend des choix de chacun.

    Ezra > Je t’en prie :)

  5. Pierrick > J’allais oublier :

    Alors pourquoi se poser la question d’un “port folio efficace” ?
    Efficace à quoi ?

    A affirmer des choix et des convictions pour se donner les moyens (par la qualité de la mise en valeur du travail et par l’argumentaire qu’il propose) de faire un pas vers une certain forme d’accomplissement.
    Dis-donc tu n’as pas bien lu l’article toi :)

  6. Bonjour à tous,
    Ange,
    Je comprends ta position mais il me semble que s’il est est tout à fait compréhensible pour des auteurs , illustrateurs, etc… qui ont déjà une certaine notoriété , un poids pour avoir travaillé avec un éditeur et lui avoir fait gagner de l’argent avec leurs créations. Cette démarche me parait plus difficile à mener pour des personnes qui n’ont jamais été publiées.
    D’autre part, chercher un épanouissement, d’accord. Je peux le faire mais parce que je n’attends pas après l’argent d’une publication pour vivre parce que je ne suis pas seule et que mon mari n’est pas au RMI . Il me semble que c’est un luxe que tous ne peuvent se permettre et c’est dans ce sens que je comprends que certains acceptent des compromis parce qu’ils en ont besoin et cela me semble différent du « bonheur » d’être publié.
    Et c’est dans ce sens que je rejoins Pierrick sur certains points, tout en trouvant tes aspirations respectables et enviables .
    Je ne joue pas à la normande, je trouve que c’est un problème très épineux et difficile à résoudre justement parce que l’on est dans une démarche qui est commerciale au moment où l’on présente sa maquette ou son book .

    Merci en tout cas, car tes articles nous font réfléchir discuter, et voir aussi des aspects que l’on ne connaissait pas ou peu.

  7. Bonsoir Jill,
    merci pour ton commentaire.
    Je pense que c’est une évidence : pour beaucoup d’entre nous, être publié demandera de faire des concessions. C’est une idée que l’on peut lire partout et je n’aurais surpris personne en la défendant.
    Mais ma conviction profonde, même si elle n’est fondée que sur ma courte expérience, est que je ne vois pas l’intérêt de faire ce métier si ce n’est pas pour le faire tel qu’on le souhaite.
    Tant qu’à faire un métier qu’on aime moyennement, autant en choisir un qui rapporte beaucoup plus pour être tenu éloigné des problèmes d’argent par exemple.
    Non, si on fait ce choix (un avis personnel uniquement) c’est parce qu’on a conscience de la difficulté que cela représente.

    Pour moi ce n’est pas un métier ordinaire : il a une influence directe sur mon bien-être. Mes créations ont de la valeur à mes yeux car elles sont des étapes pour exprimer ce que je suis. Je n’envisage pas d’autre manière de faire que de défendre cette partie de moi, passionnément.

    Après avoir moi-même été confronté à ce problème et beaucoup d’autres personnes que je connais dans ce métier, je peux dire que lorsque cela ne se passe pas comme on l’aurait désiré on est parfois beaucoup plus affecté que si on avait un métier dans lequel notre bien-être était moins directement impliqué.

    Je défends toujours la nécessité de s’impliquer dans une stratégie commerciale lorsque l’on fait ce métier, mais elle doit s’orienter vers une situation des plus idéales.

    En ce sens, je comprends que mes propos puissent paraître insensés pour un débutant. Mais avec mon expérience, je peux dire avec certitude qu’un jour ou l’autre certaines des personnes ayant lu cet article penseront la même chose, débutants ou non.

    Je ne vis pas dans le luxe, je n’ai pas réellement les moyens de me couper de ces formes de revenus, mais mon épanouissement est à préserver : j’ai donc trouvé des alternatives pour gagner ma vie et faire ce métier comme je l’envisage.

    Pour résumer :
    être édité à tout prix = peu d’argent (ça n’ira jamais très haut), peu d’épanouissement
    être édité en étant très exigeant = peu d’argent, mais épanouissement total lorsque cela fonctionne.

  8. Je suis en grande partie d’accord avec ton propos, et c’est un réconfort quotidien de trouver – et de lire – quelqu’un qui envisage les choses d’un même point de vue. Parce que c’est une démarche authentique, parce que malheureusement nous ne sommes pas dans une société qui privilégie l’estime de soi, et parce que finalement lorsqu’on se sent seul sur cette voie on peut vite en venir à tendre vers le point de vue le plus commun.

    Or se renier soi-même mène à considérer le métier d’illustrateur comme n’importe quel métier pénible qu’il faut rentabiliser, à voir le travail comme étant un moment de souffrance monaillé à l’heure. Alors, la démarche perd tout son sens.

    En ce sens, j’apprécie ce que tu partages dans ce billet, même si je pense qu’il est difficile d’accès dans le système capitaliste contemporain où chacun prête plus d’importance à son patrimoine matériel qu’à son patrimoine intérieur.

  9. Bonjour bonjour Ange !

    Eh bien je suis un poil surpris, car je n’imaginais pas cet article sous cette forme. En fait, lorsque tu parlais de conception d’un « book efficace », j’imaginais plutôt un article technique, sur la présentation en fonction du ciblage, les techniques qui payent, celles à éviter (même s’il n’est certainement pas vraiment possible d’établir une règle avec ces choses-là), au bout de combien de pages on « fatigue » l’éditeur, s’il faut mélanger les genres où non, etc…et c’est de ce point de vue là que je disais avoir eu de nombreux sons de cloche différents, tous suffisamment argumentés pour ne pas privilégier une méthode plus qu’une autre.
    Néanmoins, l’approche que tu exposes ici est bien moins courante, et en ceci intéressante. Donc finalement je préfère ;) Cela dit, tu présentes cela dans le cas d’un projet porté par une personne seule, et pas dans le cas d’une proposition en binôme qui est loin d’être rare, et peut à mon avis considérablement changer la donne si les deux parties n’ont pas les même objectifs. Comment dans ce cas-là gérer ses propres intérêts lorsque l’on aborde pas le projet sous le même angle ? (si l’un vit de l’illustration ou de l’écriture, et pas l’autre partie comme l’a expliqué Jill ?) Il me semble que cela restreint donc le champs d’application de cet exemple. On ne peut être à mon avis être « exigeant » (sous-entendu faire valoir les droits que l’on estime justes) que lorsque l’on ne risque pas de voir le projet s’envoler à la suite d’un désaccord avec l’autre partie. Je n’ai moi même jamais été confronté à ce cas de figure ( ouf !), mais ça peut arriver un jour. Bien qu’il y ait toujours un initiateur sur un projet commun, j’aime à croire qu’après plusieurs mois de travail, on puisse ne puisse plus considérer l’un sans l’autre. (oui oui, je sais… ;)
    As-tu toi même été déjà confronté à ce type de cas de figure ? Projet avec un auteur, conditions (qu’elles soient artistiques ou pécuniaires) non satisfaisantes pour toi, et projet avorté car l’auteur était satisfait de ce qu’on lui offrait, ou alors l’inverse ?
    En revanche, dans le cas d’un projet qui n’engage que soi, je suis assez d’accord avec ce que tu avances. Il ne tiens qu’à nous de convaincre, de savoir viser juste, et de rester fidèle à ce que l’on souhaite. A mon avis, porter un projet qui nous tiens à coeur et faire trop de concessions pour le voir édité, c’est le meilleur moyen pour être dégouté du métier.

  10. Gynux,

    A mon avis qui n’engage que moi,
    proposer un projet à deux multiplie par deux les risques d’un… refus !

    La plupart des éditeurs n’aiment pas qu’on leur impose un « binome indissociable »
    (…à moins que ce ne soit une grande pointure comme Arthur T. ou Rebecca D.)

    Ils préfèrent puiser dans leur pool l’auteur ou l’illustrateur « complémentaire »…

  11. Bonjour à tous,

    Rosalys > Merci, et félicitations pour ton contrat BD ;)

    Gynux > Les conseils plus pratiques arrivent dans un prochain billet, celui-ci n’était que le début d’une série mais je trouvais cela intéressant de dire qu’un book doit appuyer un objectif prédéfini.
    Concernant les projets à plusieurs, je n’ai jamais essayé vraiment. Je pense toutefois que s’il m’arrivait de travailler avec quelqu’un, mon collaborateur et moi nous assurerions avant même de commencer à travailler ensemble que nous avons les mêmes objectifs, les mêmes attentes. En cela, nous nous efforcerions, dans la plus grande des confiances, de maintenir cette ligne de conduite tout au long de la présentation/négociation du projet. Cela limite les riques de désaccord, je pense.
    C’est ainsi que je ferais, je trouve que ça permet de maintenir une relation saine.
    Cependant, je pense qu’il est plus difficile pour un binôme d’être édité selon les conditions qui lui conviennent.
    En effet, pour un éditeur, il est plus difficile de façonner le style et l’identité d’un artiste que celle d’un couple.
    1 éditeur, 1 illustrateur/auteur = 1 relation à gérer
    1 éditeur , 1 illustrateur, 1 auteur = 2 relations à gérer
    1 éditeur , 1 illustrateur et 1 auteur en binôme = 4 relations à gérer (Lesquelles? devinette ;) )
    Et les éditeurs ne vont pas vraiment s’embarasser de difficultés, le marché des auteurs illustrateurs étant très compétitif et flexible.

    Pierrick > Je suis d’accord.

  12. Gynux > Je tenais à revenir rapidement sur mon commentaire : je voulais simplement ajouter que les difficultés pour séduire un éditeur avec un projet collectif ne doivent pas te détourner de cet objectif, de cette relation qui te tient à coeur, si c’est ce que tu désires vraiment.

  13. Eh bien ça a le mérite d’être clair ;)
    Je vais peut-être revoir l’ordre de mes priorités à l’avenir, et peut-être travailler d’avantage mes projets plus personnels plutôt que les projets « binôme »…ce qui n’est pas évident car je n’ai pas la plume très docile, et j’aime donc me reposer sur les textes des gens qui manient les mots avec aisance.
    Mais comme tu le dis, j’ai quelques projets en cours avec des auteurs que je compte bien voir aboutir un jour, car je suis persuadé qu’ils pourraient faire de beaux albums. Donc je n’abandonnerai pas ce mode de fonctionnement lorsqu’une histoire me « parle », même s’il est plus risqué, mais peut-être que j’y passerai moins de temps, ça c’est sûr.
    Et puis pour composer un book et prospecter des editeurs, il faut bien le remplir. Est-ce que cela n’est pas une bonne idée d’y mettre (entre autres) des illustrations basées sur des textes, même inconnus ? Avec un peu de chance, si les illustrations plaisent et que l’éditeur pose la question, il est possible de soumettre le texte qui va avec ? Ou alors je me fais des idées ? ;)

  14. Je pense qu’il est de toutes manières intéressant (primordial!) de montrer la manière dont tu interprètes un texte dans ton book. Toutefois, un rdv se jouant sur les 3-4 premières minutes, je pense qu’il est maladroit de s’appuyer sur un texte qui n’est pas connu : les éditeurs n’auront pas le temps ni l’envie de lire le texte et ne pourront pas juger de la manière dont tu l’as interprété, de ton originalité.
    Je conseille plutôt de s’appuyer sur un texte que tout le monde connait. Encore mieux, je dirais « un texte que tout le monde connait mais qui n’a pas été repris trop souvent dans des books ».
    L’originalité peut primer sur ce point : pourquoi ne pas s’amuser à illustrer (3-4 illustrations) une version pour enfants de… King Kong? (premier exemple qui me vient à l’esprit, je sais c’est nul).
    Jouer là-dessus avec un peu d’humour et de distance n’est pas un mauvais choix à mon avis : facile à cerner, avec une place pour l’originalité tout de même.
    Savoir jouer sur le décalage avec subtilité est souvent perçu comme une preuve de justesse et d’intelligence. Si c’est mal fait par contre, c’est juste « lourd » ou inadapté. Il faut faire attention.

    Encore une fois ici on cherche l’efficacité, mais si tu as un texte qui te tient à coeur avec tes illustrations, ne fait pas les choses à moitié : donne-toi les moyens (dans ce que tu proposes, dans la constitution de ton book) de démontrer que tu proposes un texte également.
    Si tu ne proposes « que » des illustrations, fais un book « illustrations ».
    Je crois qu’il faut être très cohérent car c’est diablement efficace (de ce que j’ai connu ça a toujours très bien marché).

  15. Oui oui, je suis bien d’accord pour le texte connu ! C’est d’ailleurs une des premières choses que j’ai lu il y a quelques années dans une interview, lorsque je cherchais des infos sur la constitution d’un book. Je crois que c’est un DA de chez Hatier (il me semble) qui conseillait de mettre quelques illus d’un texte connu et aussi un personnage dans plusieurs situations pour montrer qu’on peut le « tenir » sur la distance.
    Le fait de mettre des illustrations de texte « non connu », c’était en plus du reste des illus, pour la partie « personnelle » du book illustration, parce qu’en général un book ne fait pas seulement 4 pages, même si comme tu le dis, 4 pages ou (4 minutes) suffisent parfois pour savoir si l’on plaît ou pas…
    Mais bien entendu, sans le texte. J’évoquais la possibilité de soumettre le texte (sous la forme d’un petit dossier à lire plus tard) uniquement si l’éditeur notait quelque chose de particulier sur les illustrations, et posait des questions. S’il est intéressé, autant battre le fer tant qu’il est chaud, non ?
    Ou alors tu penses que c’est un peu trop « ahh, monsieur, je vois que vous êtes intéressé par notre nouveau four à micro-ondes… » ;)

    Bien sûr, ça n’empêche pas de démarcher spécialement pour le projet concerné, avec un portfolio dédié.

  16. Je pense que c’est une bonne idée, mais le côté « opportuniste » peut être mal perçu si cela est fait maladroitement.
    Toutefois, si ton projet est bon, il n’y a aucune raison qu’on te qualifie ainsi : ils sont intéressés par le projet, ils en demandent plus, et tu sors de ton chapeau magique ton petit dossier. Tu ne fais que répondre à leur intérêt, et valoriser ton travail (donc logiquement tout le monde est content).

    Tu peux atténuer la sensation gênante, si la situation n’est pas trop favorable mais que tu veux tout de même remettre ton document, en précisant « j’ai ce petit dossier à vous soumettre si cela peut vous intéresser, mais j’imagine que vous avez déjà beaucoup de documents à porter? ».
    (fin de phrase qui descend, le temps de réponse et l’attitude te donnent déjà la réponse avant qu’elle ne dise quoi que ce soit, dans ta tête tu anticipes ta réponse).

    - Si on te dit « non ça va aller je n’ai pas grand chose » alors tu peux remettre le document (situation la plus facile).
    - Si on te répond « oui c’est vrai ça va faire beaucoup » c’est que :
    1. le projet ne les intéresse pas au point de partir avec le document
    2. on leur a remis un tas de plaquettes déjà (je pense à Montreuil)

    Cas 1 : Si tu veux vraiment travailler avec eux, tu trouves un point sur lequel ils t’ont semblé intéressés et qui ne te demanderait pas de concession importante. Tu mets en avant ton accord sur ces points, et démontre que tu serais intéressé pour travailler dans ce sens. Tu leur proposes de leur envoyer une version actualisée de ton travail. (Puis voir Cas 2).

    Cas 2 :
    Tu enchaînes donc en proposant de le leur faire parvenir dans les plus brefs délais, en demandant :
    1. où tu peux trouver leur adresse (pour éviter des frais d’envoi au siège au lieu du bâtiment consacré à l’édition par ex.)
    2. à qui tu dois adresser le courrier (très important. A ne surtout pas négliger. Un courrier ça reste une communication entre Monsieur x et Madame Y. Identifier quelqu’un par son nom c’est lui accorder du respect et c’est toujours apprécié).
    3. en général quel est le délai pour une réponse
    4. et en cas de non-réponse « avant le jj/mm » (très important d’avoir une date au-delà de laquelle on t’autorise à ) les recontacter par téléphone ou email.
    5. en demandant en plus de cela, par exemple, « par téléphone, est-ce-que ça peut vous convenir? » pour montrer que tu ne souhaites pas être intrusif, que tu es respectueux de leur temps et de leur attention. Face à ce comportement, il est rare qu’on te refuse 5 minutes d’attention.

    Il faut prévoir toutes les alternatives, ensuite il faut être habile pour obtenir tous ces renseignements ou des pistes de manière cordiale, sans que cela ne ressemble à un interrogatoire donc.
    L’important est de donner une seconde chance à ton projet, et de gagner du temps pour retravailler certains aspects qui lui ont fait défaut, et d’autres qui ont suscité l’intérêt de interlocuteur.

    Voilà, dans les grandes lignes :)

  17. Bonjour et merci pour les conseils détaillés !
    Ça me sera très utile d’avoir ce type de conseils en tête pour être plus à l’aise, avant d’avoir acquis d’avantage d’expérience pour développer et roder à mon tour mes propres « trucs » ;)
    Re-merci donc :)

  18. Coucou Ange,

    J’ai médité sur ton article! Ta façon de voir va dans la même direction que la mienne! Si j’ai choisit de devenir illustratrice c’est pour trouver un bien être personnel: pratiquer ma passion comme je le souhaite, en un vrai métier (mais pas un métier de mouton et d’exécutant!) et j’ai bien l’intention d’en vivre (euh je ne parle pas de salaire confortable là, je ne suis pas naïve et ça ne m’intéresse pas …gagner peu mais être heureux ça me convient totalement … on peut faire beaucoup avec peu) peu importe le temps que ça prendra pour y arriver.
    Faire le mouton ça ne m’intéresse pas du tout! ça me déprime même.
    Je suis débutante dans le domaine même avec une expérience à 0 mais j’ai un peu d’expérience dans d’autres domaines pour te dire que tes propos ne me paressent absolument pas insensés.
    Mais quand tu dis que si notre projet ne plaît pas à l’éditeur, il faut aller voir ailleurs, euh je ne pense pas que c’est la bonne attitude. Tout projet peut être amélioré…donc tous bons conseils peut être pris et faire des modifications aussi (si les conseils sont vraiment bons et si les modif n’altèrent pas le fil conducteur du projet et la satisfaction de l’illustrateur). Je crois que tu penses pareil mais ta manière de le dire est assez radicale.
    En tout cas ta réflexion est à méditer, donc merci Ange c’est un plaisir de te lire.
    Après chacun prend et laisse ce qu’il veut selon sa vision, ses aspirations etc…
    Les chemins de chacun sont différents mais après il ne faut pas tomber dans l’extrême: « être édité à tout prix » et « on s’en fiche d’être édité ». Il n’y a pas d’équilibre dans les extrêmes, ça n’emmène à rien…le bien être passe incontestablement par la recherche d’un équilibre.

    Puis je ne sais plus ce que je voulais dire aussi sujet de ton article…tant pis lol.

    A très bientôt!
    Jo.

  19. J’ai récemment envoyé un projet à un petit éditeur, après lui avoir passé un coup de fil, ce que je n’ai pas l’habitude de faire : avec beaucoup de politesse, heureuse qu’il accepte de lire mon projet. Penses-tu que je peux lui envoyer un mail pour insister sur le fait que « ce projet me tient à coeur » comme tu le dis ?
    Merci encore pour tous tes conseils.

  20. Bonsoir , bonne question que celle de Catibou. Je ne suis pas novice en matière d’édition , puisque j’ai déjà été publiée chez plusieurs éditeurs, mais j’ai levé le pied quelques années et le retour est un peu dur .La plupart de mes contacts sont cordiaux quand j’arrive à les voir mais ensuite, j’envoie un projet et là c’est le silence. Je ne sais toujours pas s’il faut rappeler après avoir envoyé un projet par mail pour savoir s’il est « bien arrivé ». Alors j’attends, renvois un mail au bout d’un mois, pas de réponse ( de quelqu’un qui me connait , notons-le) . Là j’en suis au coup de téléphone , répondeur bien sûr. Alors quoi? Les éditeurs sont tellement débordés qu’ils n’ont aucune notion de politesse ou bien je suis trop discrete et passe inaperçue. C’est quand même décourageant. Comment percer cette opacité?

  21. Désolé j’avais oublié ce fil de discussion

    Jo > Mais quand tu dis que si notre projet ne plaît pas à l’éditeur, il faut aller voir ailleurs, euh je ne pense pas que c’est la bonne attitude. Tout projet peut être amélioré…
    Je parlais d’un projet qui nous tenait à cœur : je ne pense pas qu’il faille toujours accorder à l’éditeur l’importance de déterminer si un projet peut être amélioré ou pas.
    Je pense qu’il faut avoir du recul sur son travail, se remettre en cause, évoluer, mais lorsqu’on est convaincu de son projet et qu’on est très exigeant avec soi-même il faut persévérer. Et en cas d’échec, reconnaître que l’erreur vient de nous.
    Je n’ai pas peur de l’échec, mais il faut qu’il soit le fait de mes propres erreurs, et pas celles des autres.

    Catibou > Je ne pense pas qu’il soit intéressant pour toi de préciser dès maintenant que ce projet te tient à coeur. Si tu le lui as envoyé, j’ose imaginer qu’il considèrera que c’est un projet que tu veux défendre. Par contre, si tu as un deuxième contact (avec les impressions de l’éditeur) tu pourras argumenter en faveur de ce projet.

    Radzimire > Les éditeurs sont débordés mais ils lisent tous les mails.
    Ou plutôt : ils les voient, et choisissent délibérément d’y répondre ou non.
    Si tu n’as pas de réponse c’est :
    1. Qu’on a décidé de ne pas te répondre (peut-être que la personne veut te répondre en détail avec des critiques constructives, mais que ça lui parait trop long dans son planning. Alors plutôt qu’un « non » trop sec elle laisse passer)
    2. Ton mail a été emporté par le flot de mails, alors que la personne tenait à y répondre. Rappeler au téléphone et ne pas hésiter à dire les choses franchement, avec un sourire dans la voix :
    « Oui bonjour je vous appelle parce que je n’ai pas reçu de réponse à mon email, alors que vous m’aviez l’air intéressée. Je voudrais juste savoir si cela était délibéré. Ne vous inquiétez pas, c’est simplement pour savoir si je peux avancer dans une autre direction ou non ».
    Si la personne a lu et qu’elle a pas aimé elle te l’avouera à ce moment-là (ça lui permet de se débarrasser de toi) sinon elle s’engagera à le lire dans les plus brefs délais.
    Et tu en profites pour ajouter « merci c’est très gentil. Est-ce-que je peux me permettre de vous contacter la semaine prochaine (après la date qu’elle t’a annoncée pour sa réponse) pour en parler directement? »

    etc etc

  22. je me doutais bien de ta réponse et , en analysant la difficulté de simplement prendre le téléphone, je réalise à quel point je ( nous?) me sens en position de quémander, alors même que je sais que les éditeurs sont des gens comme moi et qu’ils sont aussi en position de recherche. J’ai été maquettiste dans une maison d’édition donc , je connais l’envers du décor et je connais plusieurs éditeurs qui sont toujours très agréables avec moi mais il y a toujours cette appréhension. Et ce n’est même pas la peur d’entendre un non, car cela ne me touche pas vraiment, je suis persuadée qu’un projet « mûr » trouve son éditeur un jour ou l’autre. Encore faut-il le montrer!
    Ceci dit penses-tu qu’il y a des jours plus ou moins propices, genre lundi ou vendredi?

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